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Un espace conférence-recherche du nom de Simondon

simondon_article.jpgGilbert Simondon (1924-1989) est un philosophe français du XXe siècle.

Son œuvre, produite pour l'essentiel entre 1954 et 1968, traite de l'appartenance de l'homme au vivant, de la centralité philosophique du problème de la technique ou encore des nouvelles formes d'aliénation. La pensée de Simondon a influencé la pensée naissante du philosophe Gilles Deleuze, qui l'évoque dans Différence et répétition et Logique du sens. Mais l'œuvre de Simondon n'est véritablement découverte par les philosophes qu'à partir de la fin des années 1990. Il réconcilie culture et technique. Sa pensée est un dialogue constant mais plus ou moins explicite avec Kant, comme avec Marx, mais aussi avec la cybernétique. L'œuvre de Simondon est par ailleurs l'une des principales sources, avec l'œuvre de Freud pour ce qui est de la compréhension de l'appareil psychique, de la pensée de Bernard Stiegler.

Une salle des commissions en hommage à Bernard Decomps (1936-2016)
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Pionnier de la physique des lasers en France autant que réformateur de l'enseignement supérieur et de la recherche, Bernard Decomps fut l'inlassable défenseur d'une conception de la science qui articule problèmes fondamentaux et objets technologiques, approche qu'il qualifiait de "science pratique". Directeur scientifique au CNRS, puis directeur de la recherche au Ministère de l'Éducation nationale, il fut enfin directeur général de la recherche et de la technologie au ministère de la Recherche et directeur de l'ENS Cachan, de 1994 à 2000.

Homme de conviction, au charisme suscitant l'adhésion, Bernard Decomps a laissé son empreinte à l'École normale supérieure Paris-Saclay, tant du point de vue de la formation que de la recherche.


Une salle du conseil en hommage à Fernand Renaudeau, premier directeur de l'ENSET (ancien nom de l'ENS Cachan), de 1945 à 1956.

Trois femmes scientifiques prêtent leurs noms aux espaces de la future ENS

La femme est l’égale de l’homme, y compris en sciences ! Suite à la journée des droits des femmes et à l’occasion de la semaine de l’égalité portée par l’Université Paris-Saclay, l’ENS Paris-Saclay dévoile les noms de trois illustres femmes scientifiques qui ont marqué leur temps et leur discipline.

Dorothy Hodgkin, Emmy Noether et Germaine Tillion donneront leurs noms à trois espaces emblématiques du futur bâtiment de l’École. Présentation.

Elles sont trois : Dorothy Hodgkin en chimie, Emmy Noether, en mathématiques, et Germaine Tillion, résistante, femme de lettres et ethnologue. Il était important pour l’École de leur rendre hommage.

Trois espaces importants du futur bâtiment de l’ENS Paris-Saclay porteront leurs noms.

Un amphithéâtre en hommage à Dorothy Hodgkin, Prix Nobel de chimie

Dorothy_Hodgkin_Nobel.jpgDorothy Hodgkin (1910-1994) est une biochimiste britannique, pionnière de la diffractométrie de rayons X, méthode de cristallographie permettant de déterminer la géométrie en trois dimensions de molécules complexes, en particulier de molécules d'origine biologique.

Née au Caire (Égypte), Dorothy Mary Crowfoot Hodgkin commence en 1928 ses études de chimie à Oxford et les poursuit en 1932 à Cambridge, où elle s'initie, sous la direction de John Desmond Bernal, à la détermination de structures cristallines par diffraction des rayons X. Elle revient en 1934 à Oxford, où elle effectue le reste de sa carrière. Elle obtient son doctorat à l'université de Cambridge en 1937 et occupe différents postes d'enseignement. Dorothy Hodgkin est nommée, en 1960, directrice de recherches de la Royal Society avant de recevoir reçoit le Prix Nobel de Chimie en 1964 "pour sa détermination par des techniques de rayons X des structures d'importantes substances biochimiques"*, dont la vitamine B12. Elle sera une des quatre femmes scientifiques à avoir reçu le Prix Nobel dans cette discipline avec Marie Curie (en 1911), Irène Joliot-Curie (1935) et Ada Yonath (2009). Elle s’éteint en 1994 à Ilmington (Warwickshire).

*« for her determinations by X-ray techniques of the structures of important biochemical substances »

Emplacement au sein du bâtiment de l’École : L’amphithéâtre Dorothy Hodgkin sera au rez-de chaussée du Bâtiment Ouest, dédié aux cours des étudiants de l’ENS.

Un hall événementiel dédié à la mathématicienne Emmy Noether

Emmy-Noether.jpgEmmy Noether (1882 -1935) est une mathématicienne allemande spécialiste d'algèbre abstraite et de physique théorique. Décrite par Albert Einstein comme « le génie mathématique créatif le plus considérable produit depuis que les femmes ont eu accès aux études supérieures », elle a révolutionné les théories des anneaux, des corps et des algèbres. En physique, le théorème de Noether explique le lien fondamental entre la symétrie et les lois de conservation  et est considéré comme aussi important que la théorie de la relativité.

Emmy Noether naît à Erlangen dans le royaume de Bavière, d’une famille juive et d’un père  mathématicien. Elle étudie les mathématiques à l'Université d'Erlangen avant d’achever sa thèse en 1907 sous la direction de Paul Gordan. Emmy Noether travaille bénévolement à l'Institut de Mathématiques d'Erlangen pendant sept ans. En 1915, elle est invitée par David Hilbert et Felix Klein à rejoindre le très renommé département de mathématiques de l'université de Göttingen. Elle obtient son habilitation en 1919 et acquiert le titre de Privatdozent. En 1924, le mathématicien néerlandais Bartel Leendert van der Waerden rejoint le cercle de ses étudiants et devient le principal propagateur des idées de Noether, dont le travail servira de fondation à son très influent ouvrage : Moderne Algebra (1931).

Emmy Noether reste un des membres les plus influents du département de mathématiques de Göttingen jusqu'en 1933. Sa connaissance de l'algèbre est reconnue dans le monde entier. L’occupation nazi l’oblige à émigrer en Pennsylvanie, aux États-Unis, où elle obtient un poste au Bryn Mawr College. Elle décède en 1935 à l'âge de cinquante-trois ans.

À l’entrée du bâtiment Nord dédié aux sciences fondamentales et aux sciences de l’ingénieur, Emmy Noether aura un espace événementiel à son nom.

L’Atrium Germaine Tillion pour relier toutes les sciences de l'École

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Germaine Tillion (1907-2008) est une résistante, femme de lettres
et ethnologue française
. Titulaire de nombreuses décorations pour ses actes héroïques durant la Seconde Guerre mondiale, elle est la deuxième femme à devenir Grand-croix de la Légion d'Honneur après Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

Un hommage de la Nation lui a été rendu au Panthéon le 27 mai 2015, où elle est entrée en même temps que Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette.

 

Germaine Tillion naît le 30 mai 1907 en Haute-Loire. Elle mène des études éclectiques avant de s'orienter vers l'ethnologie. En 1934, elle termine l'École du Louvre et obtient le diplôme de l'Institut d'ethnologie. Elle effectue deux missions en Algérie de 1935 à 1940, la première, grâce à l'International Society, dans l'Aurès (région montagneuse située dans le Nord-Est de l'Algérie), pour étudier l'ethnie berbère des Chaouis. La seconde, grâce, au CNRS. Elle publie l’ouvrage Il était une fois l'ethnographie, suivi en 2005 de l'Algérie aurésienne. Elle s'initie à la langue berbère à l'École des langues orientales.

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Quand elle revient de sa seconde mission, l'armée française est en pleine débâcle. Elle s’engage dans l'assistance aux prisonniers de guerre notamment africains, le renseignement militaire et la propagande. Elle sera incarcérée à la prison de Fresnes en janvier 1943, où elle obtiendra la disposition de sa documentation et poursuit la rédaction de sa thèse.

Germaine Tillion est déportée en octobre 1943 et emmenée avec d’autres prisonnières au camp de Ravensbrück. En avril 1945, elle est évacuée avec d’autres femmes par la Croix-Rouge suédoise et prise en charge par un établissement hospitalier. Germaine Tillion lancera ensuite un travail de recherche sur le camp de Ravensbrück. Une partie des archives de ces travaux est aujourd'hui disponible dans le fonds ADIR de La contemporaine, l'autre (les « fiches blanches ») dans le fonds Germaine Tillion du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

Engagement en Algérie

Fin 1954, elle reprend une mission en Algérie au moment où y éclate la guerre puis se consacre fin 1955 avec un certain nombre de personnalités au projet des centres sociaux jusqu’en 1957, pour permettre aux familles algériennes en difficulté financière d’accéder à un enseignement de niveau élevé.

En juin 1957, Germaine Tillion sera sollicitée par Yacef Saadi, responsable de la Zone autonome d'Alger, et alors traqué par les parachutistes du général Massu, pour un entretien secret qui a lieu le 4 juillet 1957, dans la Casbah d'Alger. L'entretien dure cinq heures. Yacef Saadi s'engage à mettre fin aux attentats aveugles en contrepartie d'un arrêt des exécutions capitales. Condamné à mort à Alger, il sera gracié par le général de Gaulle en 1959.

Après l'Algérie

En 1959, Germaine Tillion entre dans le gouvernement Michel Debré pour s'occuper de la question de l’enseignement dans les prisons en France. Son activité d’ethnologue se poursuit et ses travaux portent sur les sociétés méditerranéennes. Durant ces années, elle réalise vingt missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Elle s'engagera pour l'émancipation des femmes de Méditerranée et au sein de l'Association contre l'esclavage moderne.

Elle apportera son soutien au général de Gaulle lors de l'élection présidentielle de 1965.

Les dernières années

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En 1999, elle est élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur, une parmi six femmes, avec Geneviève de Gaulle, Valérie André, Jacqueline de Romilly, Simone Rozès et Christiane Desroches Noblecourt.

C'est à 90 ans qu'elle se décide à reprendre les notes des années 1930 qu'elle n'avait pas emmenées à Ravensbrück et publie un aperçu de ce qu'aurait été sa thèse sur les Ouled Abderrahmane (Il était une fois l'ethnographie, 2000). En 2000, la revue Esprit lui consacre un numéro spécial.

En 2004, elle lance avec d'autres intellectuels français un appel contre la torture en Irak.

Elle meurt le 19 avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne) à l’âge de 99 ans.

Germaine Tillion entrera au Panthéon en mai 2015 avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay.