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Sport et genre : Alice Delmer, championne et étudiante

Alice Delmer, doctorante en première année de thèse à Thalès, en collaboration avec le laboratoire SATIE, concilie une pratique sportive de haut niveau avec un parcours de scolarité d'une très grande qualité.

Porte-parole de la quatrième édition de la semaine de l'égalité femmes-hommes de l'Université Paris-Saclay, elle s'est exprimée sur son rôle d'ambassadrice et la place de la femme dans le milieu sportif.
On apprend à se connaître à travers le sport. On se découvre des faiblesses que l’on va surmonter, et des forces parfois cachées. Faire du sport de haut niveau, c’est accepter de sortir de sa zone de confort, repousser ses limites, mais aussi écouter son corps. Croire en soi. Échouer, et persévérer. Vivre des moments de bonheur intense quand on atteint ses objectifs et finalement aller chercher toujours plus loin.

Semaine de l'égalité 2019

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crédit photo : Vincent Moncorgé

L'égalité femmes-hommes est l'une des thématiques structurantes et transversales de l'Université Paris-Saclay. Aussi l'ensemble de ses établissements membres sont-ils engagés dans cette lutte depuis de nombreuses années au travers de nombreuses actions et d'un réseau de référents.

Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, l'Université Paris-Saclay organise sa quatrième semaine de l'égalité sur la thématique sport et genre. Au programme : exposition, théâtre, projection de film, rencontres sportives, conférences... le tout, porté par des étudiantes et championnes des établissements membres.

Une chance, selon Alice Delmer, doctorante au SATIE et championne de France Universitaire 2018 du lancer de marteau (entre autres titres): "Cela n'arrive pas tous les jours qu'on mette le sport féminin à l'honneur, et encore moins le lancer de marteau ! (...) Il faut montrer aux femmes et surtout aux jeunes filles qu'on peut oser, s'affirmer, et qu'il ne faut pas s'enfermer dans des stéréotypes".

Les inégalités femmes-hommes au sport

Répartition inégale de l'argent public, réflexions machistes, problèmes d'accessibilité ou encore sous-représentation médiatique : le milieu sportif est un microcosme de notre société, aussi le sexisme ordinaire s'y retrouve t-il décuplé.

Afin de lutter contre les stéréotypes de genre, qui sont un obstacle à la réalisation d'une vraie égalité entre les sexes, plusieurs actions de sensibilisation sont proposées à l'occasion de la semaine de l'égalité : "La puissance physique, la force, le courage, ne sont pas réservés qu'aux hommes" rappelle Alice.

Outre l'éducation, les médias sont également un vecteur important de lutte contre les inégalités : "Les films, les publicités, les médias... tous devraient s'assurer de montrer et de parler autant des femmes que des hommes. Il faudrait peut-être réguler (ou autoréguler) la presse écrite et les autres domaines qui ne le sont pas, à l'image de l'audiovisuel avec le CSA".

Femme et championne

Le problème de visibilité dont souffre le sport féminin entraîne également un défaut de modèles sportifs féminins auxquels peuvent s'identifier les sportives en herbe. Beaucoup moins attrayantes pour les sponsors, elles ont de fait des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale.

Ainsi, lorsque nous lui demandons quels sont ses modèles, Alice nous cite Mélina Robert-Michon : "J’admire la façon dont elle arrive à gérer sa carrière et sa vie familiale, dans la durée. Faire une pause sportive pour donner naissance à sa deuxième fille et reprendre l’entrainement dans la foulée pour tenter de participer à ses 6ème Jeux Olympiques, c’est vraiment fou ! C’est une battante, une compétitrice, et en même temps une personne extrêmement humble et accessible."

Rappelons que sport et maternité restent encore aujourd'hui incompatibles dans bien des esprits, ce qui participe à renforcer les stéréotypes de genre. Ainsi, toutes les sportives ne bénéficient pas d'un congé maternité classique : leurs revenus ne sont pas garantis pendant une période de grossesse, ils dépendent des contrats signés avec les clubs et sponsors.