Portrait d'Aurélie Jean, numéricienne et CEO de In Silico Veritas - Crédit photo : Géraldine Aresteanu

Aurélie Jean

Fondatrice de l’agence In Silico Veritas

Aurélie Jean est numéricienne - traduction en français de « computational scientist ». Alumna en mécanique et génie civil à l’ENS Paris-Saclay et docteur en ingénierie et sciences des matériaux à Mines Paris-Tech, elle navigue depuis plus de 10 ans, telle une passionnée, dans les sciences numériques appliquées.

Elle est depuis 2016 fondatrice et Chief executive officer (CEO) de l’agence In Silico Veritas à New-York, spécialisée dans le conseil en données et l'intelligence artificielle. Après 9 ans passés aux USA, cette spécialiste française des algorithmes milite pour l'arrivée des femmes dans la technologie et pour que le "code" permette un meilleur avenir à notre monde d'aujourd'hui.

Aurélie Jean, en quoi consistent vos activités au sein d’In Silico Veritas ?

J’ai créé In Silico Veritas alors que j’étais encore développeur à Bloomberg. Avec In Silico Veritas, je partage mon temps entre le conseil en stratégie analytique et numérique, le développement d’outils algorithmiques, l’enseignement, la recherche et l’activité éditoriale. J’ai entre autres une chronique dans Le Point sur les sciences et les technologies. J’ai de nombreux collaborateurs aux USA et en Europe. Aujourd’hui je vis et je travaille entre la France et les États-Unis.

Quels sont vos sujets de prédilection dans le domaine de l’intelligence artificielle ?

Je m’intéresse particulièrement à la détection et à la diminution des biais algorithmiques au sein des outils numériques et des modèles. J’ai développé des outils en ingénierie, en médecine, dans l’éducation, en finance, en économie et en journalisme ; et j’ai découvert très tôt que nous étions capables de transmettre nos propres biais cognitifs aux algorithmes et aux modèles que nous développons, et ce dans tous les domaines !

Vous avez un parcours atypique jalonné d’expériences dans la recherche publique et dans le privé, quelles sont celles qui ont été déterminantes dans votre carrière et celles dont vous êtes le plus fière ?

De manière naïve peut-être, je suis fière de tout ce que j’ai fait ! Je suis en particulier fière de réussir dans ma carrière à travailler avec des gens profondément différents (ingénieurs, médecins, économistes, journalistes, artistes …). Je fête en 2019 les 10 ans de mon doctorat en sciences, les années passent trop vite mais la joie est de plus en plus grande ! Mon but aujourd’hui est de grandir encore davantage, et de permettre à d’autres de suivre mon chemin.

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Conférence USI (Sources of Unexpected Inspiration). Crédit photo : USI Events

 

 

En quoi consiste votre mission pour le ministère de l’Éducation nationale ?

Je suis collaborateur extérieur pour la Direction du numérique du ministère dans des thématiques d’éducation, de numérique et d'algorithmique. Je suis profondément reconnaissante envers le ministère qui me fait confiance et me permet de mettre une brique dans la construction de l’École de la confiance, si importante pour notre ministre. Je suis à 200% alignée avec la vision de notre ministre Jean-Michel Blanquer qui veut faire de notre pays un leader mondial dans l’éducation de demain !

Vous avez eu un master en mécanique et génie civil à l’ENS Paris-Saclay de 2003 à 2005. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers l’intelligence artificielle ? Qu'est-ce qui vous plaît dans ce domaine
de recherche ?

J’ai découvert les sciences numériques à l’ENS Paris-Saclay en première année de master. J’ai  confirmé mon appétence en faisant un stage la même année à l’Université du Colorado à Boulder (USA) sur la modélisation et la simulation de la diffusion des ions chlorures dans le ciment. J’ai continué en stage de Master 2 au CEA sur la simulation par éléments discrets, puis en thèse à Mines Paris-Tech sur la modélisation et la simulation numérique de la morphologie des nano élastomères et de leur comportement élastique macroscopique. J’ai découvert les sciences numériques appliquées à la médecine aux USA (Université d’État de Pennsylvanie et MIT), puis à l’économie, la finance et le journalisme (Bloomberg). Maintenant au sein de ma propre entreprise In Silico Veritas, j’aime l’idée de pouvoir comprendre le monde, l’analyser et le prédire en passant dans le monde virtuel numérisé !

Quels sont vos souvenirs à l’ENS Paris-Saclay ?

J’ai eu une excellente formation en sciences numériques appliquées aux matériaux à l’ENS Paris-Saclay, l’une des meilleures de France ! Je suis reconnaissante à l’ENS qui m’a permis d’aborder ma thèse de doctorat aux Mines de Paris de manière optimale !

Quels sont vos projets pour demain ? Que souhaiteriez-vous développer ?

Tellement de choses... (rires) !
 

Crédit photo : Géraldine Aresteanu