Lucile Alexandre - Alumni ENS Paris-Saclay
©Fondation L'Oréal_Carl Diner

Lucile Alexandre

Boursière L'Oréal - UNESCO pour les femmes et la science

De la physique à la biologie

Lucile Alexandre fait partie des 30 lauréates du programme L'Oréal-Unesco Pour les femmes et la Science récompensées pour ses travaux de recherche voués à diminuer la mortalité maternelle et infantile. En 3e année de thèse à l'Institut Curie, elle étudie la pré-éclampsie, maladie qui peut entraîner chez la femme enceinte de graves complications si elle n'est pas traitée.

Ancienne élève de l'ENS Paris-Saclay en physique (promotion 2010), Lucile Alexandre suit le parcours Phytem, en physique fondamentale.

Elle est titulaire de deux masters, un en histoire et philosophie des sciences à l’Université Paris Diderot et un en microfluidique à l’École de physique et de chimie industrielles (EPCI). Elle part ensuite aux États-Unis dans le cadre d’une année de recherche pré-doctorale à l’étranger (programme ARPE) pour travailler au Consulat de France de Houston puis au sein d’un laboratoire renommé de l’Université de Princeton.

Aussitôt revenue en France, elle s’engage dans la conduite d’une thèse à l’Institut Curie sous la direction de Stéphanie Descroix à l’Unité physico-chimie Curie (Institut Curie/CNRS/Sorbonne université) et au Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes du CNRS (LAAS-CNRS). Elle y développe alors un système d'extraction grâce à une suspension de minuscules billes magnétiques permettant de corriger le ratio entre deux protéines dans le sang impliquées dans la pathologie de la pré-éclampsie.

« C'est un projet passionnant et responsabilisant, confie Lucile Alexandre, qui m'a permis de donner un sens à ce que je cherchais. La recherche est un moyen d'aider ».

Qu’est-ce qui vous a amenée vers les sciences, et plus spécifiquement vers la physique et la microfluidique ?

Beaucoup de hasard ! Je suis allée vers les sciences essentiellement parce que j’ai eu la chance de grandir dans une famille qui m’a toujours poussée au développement intellectuel et à la curiosité. Je me suis dirigée ensuite vers la microfluidique afin de me rapprocher d’applications dans le bio-médical. C’est exactement ce que je suis allée chercher à l’Institut Curie pour ma thèse.  

Quel est l’apport de vos recherches en microfluidique dans le traitement de cette maladie qu’est la pré-éclampsie ?

Notre système propose une approche innovante, qui permet de travailler à la fois sur les molécules en excès dans le sang des patientes, mais aussi sur les molécules en défaut.

 

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier de jeune chercheur ?
Je crois que c’est la liberté dont on dispose, et l’importance de l’imagination. J’aime particulièrement comment la recherche est faite en France, où l’on a suffisamment de temps pour se poser des questions qui ne sont pas seulement celles des sujets à la mode en science, mais aussi celles qui nous intéressent personnellement, celles qui nous intriguent.

Quels sont vos projets pour l’avenir ? Je postule pour un post-doc, de préférence dans un pays anglophone afin de renforcer mon anglais avant de revenir en France. J’aimerai rester dans la recherche, même si je suis bien consciente de la difficulté que cela représente en termes de compétition et de nombre de postes ouverts par an.