Aurélie Jean - Crédit illustration : Jérôme Foubert

Aurélie Jean

Promotion 2003/2005

Scientifique en modélisation algorithmique, entrepreneure et autrice

Alumna en mécanique et génie civil à l’ENS Paris-Saclay et docteur en ingénierie et sciences des matériaux à Mines Paris-Tech, elle navigue depuis plus de 10 ans, telle une passionnée, dans les sciences numériques appliquées.

Elle est depuis 2016 fondatrice et Chief executive officer (CEO) de l’agence In Silico Veritas à New-York, spécialisée dans le conseil en données et l'intelligence artificielle. Après 9 ans passés aux USA, cette spécialiste française des algorithmes milite pour l'arrivée des femmes dans la technologie et pour que le "code" permette un meilleur avenir à notre monde d'aujourd'hui.

Aux étudiantes qui s’intéressent aux domaines de l’IA, voici 3 raisons de continuer selon moi dans cette discipline. Tout d’abord c’est extrêmement stimulant intellectuellement car on apprend toute sa vie par la science et les domaines dans lesquels on l’applique. Puis on peut laisser notre empreinte dans ce monde en résolvant des problèmes de grande ampleur à fort impact. Enfin, on bénéficie des rémunérations les plus attractives. On combine indépendance intellectuelle et financière !

Votre vécu en tant que femme

Je me suis interrogée dans le passé sur ma place dans un monde majoritairement masculin. Je souhaite que ce soit plus facile et plus simple pour les générations futures. Les hommes doivent être des alliés en agissant (pro)activement pendant leurs études et leurs activités professionnelles en soutenant et en mettant en valeur les femmes scientifiques et ingénieures au côté desquelles ils évoluent.

Parcours

Je partage mon temps entre mes deux entreprises dont une startup de deeptech en modélisation algorithmique appliquée à la détection précoce du cancer du sein, l’écriture  de livres et de chroniques pour le grand public pour entre autres France Culture et Le Figaro, ainsi que des heures d’enseignement en formation continue à l’université, principalement.

Aurélie JEAN navigue depuis près de vingt ans dans les sciences algorithmique et computationnelle qu’elle a appliquées à l'ingénierie, la médecine, l’éducation, l’économie, la finance ou encore le journalisme. Après neuf années passée aux USA dans des institutions telles que le Massachusetts Institute of Technology ou Bloomberg, Aurélie vit et travaille aujourd’hui entre Los Angeles (USA)  et Paris (France), où elle partage son temps entre le conseil et le développement, la R&D, et l’enseignement continu à l’Université.

  • 2023 : création d’une startup de deeptech en algorithmique appliquée à la détection précoce du cancer du sein
  • 2016 : création de In Silico Veritas. agence de conseil et de développement en algorithmique et data
  • 2016 - 2017 : Développeuse sénior en sciences informatiques chez Bloomberg
  • 2011 - 2016 : Post doc puis chercheuse scientifique au Massachusetts Institute of Technologie sur la modélisation du traumatisme crânien moyen, et la régénération de la valve aortique en laboratoire.
  • 2009 - 2011 : Post doc à l’Université d’État de Pennsylvanie sur la modélisation de la régénération du muscle cardiaque en laboratoire.
  • 2009 : Obtention du Doctorat Sciences et génie des matériaux, Mines de Paris
  • 2002 : Entrée à l’ENS Cachan comme élève étudiante en mécanique
  • 2000 : Entrée à Sorbonne Université, Pierre et Marie Curie,  en physique et mathématique, sciences de la matière.

En quoi consistent vos activités au sein d’In Silico Veritas ?
J’ai créé In Silico Veritas alors que j’étais encore développeur à Bloomberg. Avec In Silico Veritas, je partage mon temps entre le conseil en stratégie analytique et numérique, le développement d’outils algorithmiques, l’enseignement, la recherche et l’activité éditoriale. J’ai entre autres une chronique dans Le Point sur les sciences et les technologies. J’ai de nombreux collaborateurs aux USA et en Europe. Aujourd’hui je vis et je travaille entre la France et les États-Unis.

Quels sont vos sujets de prédilection dans le domaine de l’intelligence artificielle ?
Je m’intéresse particulièrement à la détection et à la diminution des biais algorithmiques au sein des outils numériques et des modèles. J’ai développé des outils en ingénierie, en médecine, dans l’éducation, en finance, en économie et en journalisme ; et j’ai découvert très tôt que nous étions capables de transmettre nos propres biais cognitifs aux algorithmes et aux modèles que nous développons, et ce dans tous les domaines !

Vous avez un parcours atypique jalonné d’expériences dans la recherche publique et dans le privé, quelles sont celles qui ont été déterminantes dans votre carrière et celles dont vous êtes le plus fière ?
De manière naïve peut-être, je suis fière de tout ce que j’ai fait ! Je suis en particulier fière de réussir dans ma carrière à travailler avec des gens profondément différents (ingénieurs, médecins, économistes, journalistes, artistes …). Je fête en 2019 les 10 ans de mon doctorat en sciences, les années passent trop vite mais la joie est de plus en plus grande ! Mon but aujourd’hui est de grandir encore davantage, et de permettre à d’autres de suivre mon chemin.

Vous avez eu un master en mécanique et génie civil à l’ENS Paris-Saclay de 2003 à 2005.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers l’intelligence artificielle ? Qu'est-ce qui vous plaît dans ce domaine de recherche ?

J’ai découvert les sciences numériques à l’ENS Paris-Saclay en première année de master. J’ai  confirmé mon appétence en faisant un stage la même année à l’Université du Colorado à Boulder (USA) sur la modélisation et la simulation de la diffusion des ions chlorures dans le ciment. J’ai continué en stage de Master 2 au CEA sur la simulation par éléments discrets, puis en thèse à Mines Paris-Tech sur la modélisation et la simulation numérique de la morphologie des nano élastomères et de leur comportement élastique macroscopique. J’ai découvert les sciences numériques appliquées à la médecine aux USA (Université d’État de Pennsylvanie et MIT), puis à l’économie, la finance et le journalisme (Bloomberg). Maintenant au sein de ma propre entreprise In Silico Veritas, j’aime l’idée de pouvoir comprendre le monde, l’analyser et le prédire en passant dans le monde virtuel numérisé !

Quels sont vos souvenirs à l’ENS Paris-Saclay ?
J’ai eu une excellente formation en sciences numériques appliquées aux matériaux à l’ENS Paris-Saclay, l’une des meilleures de France ! Je suis reconnaissante à l’ENS qui m’a permis d’aborder ma thèse de doctorat aux Mines de Paris de manière optimale !

Consultez le site Internet d'Aurélie Jean.

Faits et chiffres

  • 2 : nombre d’entreprises que j’ai (co-)créées,
  • 4 : nombre d’entreprises dans lesquelles j’ai investi
  • 18 articles de recherche publiés dans des revues et de conférences à comité de lecture

Crédit illustration : Jérôme Foubert