Juliette Theureau
Juliette Theureau, ancienne élève du Département d'enseignement et de recherche (DER) Anglais témoigne sur son Année de Recherche en Recherche-Création (ARRC) du diplôme de l'ENS Paris-Saclay.
« J’ai été admise sur concours en 2021, au département des langues. Après une licence 3 (L3) entre le département et l’Université Paris-Cité, j’ai effectué mon Master 1 (M1) à l’étranger à la Pace University, où j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de l’art du monde anglophone. À mon retour, j’ai suivi le Master 2 (M2) "Arts et cultures du monde anglophone" de l’Université Paris-Cité en parallèle d’un stage à la galerie Danysz en tant qu’assistante galeriste. J’ai terminé mon diplôme de l’ENS par une année ARRC. Année de recherche en recherche-création (ARRC). »
Elle est désormais en thèse d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Retour son l'année de recherche ARRC...
« J’ai entendu parler de l’année Année de Recherche en Recherche-Création (ARRC) dès la présentation de rentrée à l’École, mais je ne l’avais au départ pas envisagée, n’ayant pas de pratique artistique personnelle. C’est à l’issue de mon Master que j’ai choisi de faire ce diplôme universitaire (DU) après tout, justement pour “passer de l’autre côté” : ne pas me contenter d’étudier l’art des autres mais aussi avoir une pratique créative. J’aimais aussi que le deuxième semestre soit un stage, ce qui m’a donné l’occasion de travailler pour la première fois dans un musée, ce que je souhaite faire à terme. »
Que vous a apporté ARRC ?
« Le principe de l’ARRC est de travailler en groupes, où chacun amène ses compétences, et où chacun apprend. Ça m’a donné l’occasion de faire des choses que je n’avais jamais faites, comme écrire un spectacle, faire du théâtre ou monter une installation sonore.
Ça m’a aussi aidé à penser à d’autres approches de la recherche. Je pense essayer de faire un documentaire sur l’artiste sur laquelle je travaille, Nancy Graves, en utilisant les enregistrements de mes entretiens et tout le matériau que j’ai trouvé dans des archives. Avant l’ARRC, ça ne me serait jamais venu à l’idée !
L’ARRC m’a aussi permis de faire un stage au musée d’Art moderne de Paris, puis d’y travailler en tant qu’assistante d’exposition, sur l’exposition Brion Gysin qui s’y est tenue au printemps 2026. J’y ai appris tout ce que je sais sur le fonctionnement des musées et tous les métiers qu’il faut pour qu’une exposition arrive à son terme. C’était passionnant et ça m’a confirmé que c’était ce que je voulais faire. »
Saviez-vous dès le début ce que vous vouliez faire en entrant à l'ENS Paris-Saclay ?
« Pas du tout ! C’est pas en trois ans de prépa qu’on a l’occasion de vraiment se poser la question, alors en intégrant le département d’anglais, je me suis dit que j’allais sûrement faire comme la plupart du département : passer l’agrégation et devenir prof. Mais la première année à l’ENS Paris-Saclay et la découverte de la vie culturelle parisienne m’ont fait réaliser que c’était plutôt l’histoire de l’art qui m’intéressait. L’anglais est resté ma langue de travail et un moyen de définir l’aire géographique de ce sur quoi je travaille, mais plus mon objet d’étude en tant que tel.
L’École m’a surtout apporté de la flexibilité : on avait la possibilité de créer son propre parcours. Ce n’était pas forcément évident, c’était parfois incompris, mais à la fin c’était possible. On peut entrer au département d’anglais et sortir avec un contrat de thèse en histoire de l’art : ce n’est pas un luxe accordé dans beaucoup d’écoles. »
Qu'envisagez-vous de faire plus tard ?
« Je suis actuellement en thèse d’histoire de l’art contemporain étatsunien à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, grâce à un Contrats doctoraux spécifiques normaliens (CDSN). Je travaille sur l’artiste Nancy Graves, qui a réalisé des peintures, des sculptures, des estampes, des décors et des films expérimentaux entre les années 1960 et 1990. Plus précisément, je m’intéresse à la manière dont elle puise des images de la culture visuelle qui l’entoure ー essentiellement la presse et des catalogues d’expositions en cours ー pour les utiliser de différentes manières dans ses œuvres au fil des ans.
À l’issue de ma thèse, je compte retourner en musée, si possible sur un poste avec du commissariat d’exposition. »
Quels conseils pourriez-vous donner aux normaliennes et normaliens qui hésitent à candidater pour le diplôme ARRC ?
De ne pas avoir peur de tout ce qu’on sait pas : tous les étudiantes et étudiants viennent de parcours différents, chacun.e apporte quelque chose, et chacune, chacun découvre quelque chose à chaque projet. Puisque c’est collectif, tout ça se compense et on apprend les uns des autres. C’est comme ça que je me suis retrouvée à jouer dans une pièce de théâtre de 40 minutes alors que je n’avais jamais fait de théâtre, avec l’aide des camarades qui en faisaient depuis des années.