Sciences, technologies et sociétés
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Semestre 1
Semestre 1 : 24h
Responsable : virginie.albe [at] ens-paris-saclay.fr (Virginie Albe)
Pré-requis : aucuns. Les controverses étudiées sont accessibles à tous, leur déploiement dans l’espace public et médiatique faisant que tous et toutes en ont, même sommairement, eu information ou connaissance (par exemple l’extraction de gaz de schistes, l’usage du glyphosate en agriculture ou de méga bassines, les médicaments contre l’hyperactivité…)
Public visé : étudiants de toutes disciplines de niveau Licence 3 et Master (1 ou 2)
Descriptif
L’UE vise à faire entrer dans le monde incertain de la recherche scientifique et technique par l’étude de ce qui constitue le milieu natal de la production des savoirs : la controverse. Il s’agit d’analyser, dans une approche interdisciplinaire, une controverse contemporaine en santé ou environnement pour rendre compte des incertitudes et des débats, situer les acteurs impliqués, décrire comment sont mobilisés la nature, l’économie et la société, et identifier les luttes argumentatives.
Explorer les multiples façons dont les développements scientifiques et technologiques sont reliés à d’autres développements sociaux constitue une formation épistémologique et favorise l’exercice de la pensée critique sur le rôle des sciences et des technologies dans les sociétés contemporaines, les politiques et la culture.
Évaluation : analyse et commentaire individuel d’un article publié dans une revue à comité de lecture ou (selon le nombre d’inscrits à l’UE) réalisation d’une étude de controverse par petits groupes de 3 à 5 étudiants avec production d’un dossier écrit collectif d’environ 10 pages.
Semestre 1 : 24h
Responsable : fabien.tarissan [at] ens-paris-saclay.fr (Fabien Tarissan)
Pré-requis et public visé : Si la thématique de l’informatique et du numérique en fait un cours en lien avec le département d'informatique de l'École, ainsi que celui de mathématiques, la mise en avant des enjeux sociétaux ouvre ce cours à un public plus large, notamment en sciences humaines et sociales.
Descriptif
Cet enseignement a pour but de réfléchir aux enjeux actuels autour du numérique à partir d'actualités récentes. Il s'agit d'apprendre à en étudier les différentes facettes, à la fois en termes d'aspects scientifiques, techniques et d'enjeux sociétaux, ainsi qu'à restituer les éléments du débat auprès d'un auditoire.
Parce que ce cours est pensé en lien avec l'actualité, la liste des points abordés est amenée à évoluer.
Voici pour exemple une liste (non exhaustive) de thématiques qui pourraient être abordées :
- Traitement de données dans le cadre de missions régaliennes
- Le vote électronique
- Le fichier des Titres Électroniques Sécurisés (TES)
- Algorithme de Gale-Shapley et le système Admission Post-Bac (APB) / ParcourSup
- Système de traçage des contacts (cas de l’application StopCovid)
- Les enjeux contemporains du web
- Référencements et moteurs de recherches
- La lutte contre la désinformation
- L'exploitation de données personnelles
- Impact des algorithmes de recommandation
- Les bulles informationnelles
- Les recommandations dans un contexte économique
- Recommandation ciblées dans le cadre des campagnes électorales
- Utilisation d'algorithmes de prédiction
- dans le cadre de déploiements de forces de polices
- pour l'aide à la décision judiciaire
- propriétés d'explicabilité dans les modèles prédictifs
- Enjeux éthiques autour des systèmes autonomes :
- Le cas des véhicules autonomes
- Le trading haute-fréquence
- Le cas des armes létales autonomes
- Positionnement/recommandations de la IEEE Society et du Future of Life Institute
Évaluation : une note sera attribuée à chaque élève en fonction de sa participation et de la qualité de ses présentations, sur la forme comme sur le fond. Le cours sera sanctionné par un examen final portant sur les aspects traités dans les séances.
Semestre 1 : 24h
Responsable : virginie.albe [at] ens-paris-saclay.fr (Virginie Albe)
Pré-requis : aucun
Public visé : étudiants de toutes disciplines de niveau Licence 3 et Master (1 ou 2)
Descriptif
L’UE propose d’explorer les multiples façons dont les développements scientifiques et technologiques sont reliés à d’autres développements sociaux, à la politique, à l’éthique ou encore à la culture. L’approche privilégiée porte sur l’étude conjointe de la production et de la diffusion des savoirs, appréhendés dans une même dynamique, et sur le temps long : des régimes antiques des savoirs, aux universités médiévales, puis aux universités réformées du 19ème siècle nouvellement structurées en disciplines, aux débats contemporains sur les différents modèles de production et de diffusion des savoirs.
Il s’agit aussi de comprendre comment sciences et technologies sont vues, comprises, considérées, mobilisées par des personnes ou groupes sociaux divers, avec un passé scolaire qui les a plus ou moins confrontés aux sciences et technologies et des modalités d’engagement variées envers les sciences et technologies, en particulier dans un contexte de crise de confiance envers les autorités et les institutions.
Évaluation : analyse et commentaire individuel d’un article publié dans une revue à comité de lecture
Semestre 1 : 24h
Responsable : volny.fages [at] ens-paris-saclay.fr (Volny Fages)
Pré-requis : aucun
Descriptif
Le module Introduction à la philosophie et la sociologie des sciences constitue une introduction aux Science and Technology Studies dans laquelle nous mettrons en évidence la diversité des modes de description des sciences et les enjeux intellectuels, sociaux et politiques qui y sont associés. L’étude de travaux classiques sur les sciences, de Bachelard aux études les plus récentes, sera ainsi l’occasion d’analyser les évolutions et tendances récentes des sciences et des techniques dans leurs relations avec la société et la culture.
Évaluation : il est demandé un dossier écrit collectif de 5 à 15 pages et un exposé oral en petits groupes d’une durée d’environ 20-25 minutes.
Semestre 1 : 24h
Responsable : alefebvr [at] ens-paris-saclay.fr (Anne Lefebvre)
Pré-requis : aucun. Sans restriction disciplinaire.
Public visé : élèves ou étudiants de niveau L3, M1 ou M2. Capacité maximale d'accueil : 25 personnes
Descriptif
Penser le vivant aujourd’hui est un cours de philosophie, dont le premier objectif est de constituer une introduction à la diversité des problèmes (épistémologiques, techniques, éthiques sinon politiques) que la reconnaissance du fait singulier du vivant soulève aujourd’hui avec insistance. La pensée du vivant connaît en effet, en nombre de ses champs, des mutations d’importance : qu’il s’agisse de comprendre les relations entre matière et vie à l’heure de la biologie contemporaine et de l’information ; d’interroger les frontières subsistant entre vie et technique au regard de développements technologiques les plus récents, tels ceux de l’IA avec leurs implications en ingénierie ou dans le secteur médical ; de (re)discuter les acquis de l’éthologie et/ou de l’écologie au prisme d’une notion de milieu connaissant un renouveau certain, à rebours de celle d’environnement ; ou encore d’interroger la relation que l’humain est susceptible d’entretenir aux autres vivants, en considérant, par exemple, l’essor actuel de l’éthique animale. L’objectif premier de ce cours est d'opérer une revue des principaux problèmes que le vivant pose aux diverses sciences ou disciplines contemporaines, d’introduire aux débats nouveaux qu’ils suscitent, de rendre compte de leurs actualités vives.
Mais ce cours poursuit un second objectif, corrélatif. Il n’entend pas seulement introduire à la pensée contemporaine du vivant, en tenant compte des lieux variés de son développement. Il veut encore montrer que le vivant, aujourd’hui, n’a précisément rien d’un problème « régional », d’un objet qui ne devrait intéresser que les spécialistes de son étude via telle ou telle discipline dédiée. S’il importe de penser le vivant aujourd’hui (de s’efforcer de le faire pour un élève ou étudiant, quel que soit son horizon de formation) c’est, croyons-nous, que la réflexion sur ce problème qui insiste de toute part et par-delà les frontières disciplinaires, engage plus avant la conception même que nous avons des savoirs, des pratiques et modes d’existence de ce « vivant qu’est encore l’homme » selon l’expression du philosophe Gilbert Simondon. Substituer la prise en compte de ce fait (l’humain est encore un vivant), aux éternels débats sur l’existence d’une coupure anthropologique ou d’une différence entre l’homme et l’animal, promet en effet d’ouvrir à de nouvelles conceptions de la culture, de la place des réalités techniques en la construction de nos espaces/temps, ou encore de nos manières de faire société avec les autres vivants. Autant de conceptions qu’il nous semble pertinent, sinon urgent, d’examiner, s’il est vrai que notre époque est marquée par la rencontre inédite d’exigences sanitaires, écologiques et politiques semblant parfois difficiles à concilier.
Indications bibliographiques : nous travaillerons à partir d’un corpus de textes choisis, que nous distribuerons lors de la première séance. Une bibliographie plus extensive pourra être mise à disposition de celles et ceux désireux d’approfondir tel ou tel point, en fonction de leurs intérêts propres et respectifs.
Évaluation : dissertation ou analyse de documents (au choix).
Le travail, proposé fin décembre, sera à rendre début janvier au plus tard.
Semestre 2
Semestre 2 : 24h
Responsables : virginie.albe [at] ens-paris-saclay.fr (Virginie Albe) et philippe.fontaine [at] ens-paris-saclay.fr ( Philippe Fontaine)
Pré-requis : aucun
Public visé : étudiants des différents départements de l’ENS de niveau Licence 3 et Master (1 ou 2).
Descriptif
L’UE propose d’éclairer les rapports complexes entre sciences et questions de société en retenant deux perspectives distinctes sur la production des savoirs. Dans un cas, le rôle souvent négligé et par suite insuffisamment connu des femmes dans la production des savoirs est mis en avant. Plusieurs thématiques sont ainsi abordées : les apports des femmes dans la production des sciences ; les trajectoires de pionnières et de «marginales» qui refusent les enjeux de pouvoir et la brutalité des rapports qui en découle; les discriminations toujours effectives, en sciences comme ailleurs; et, enfin, la nature sexuée des savoirs ou le sexisme ordinaire des savoirs scientifiques. Dans l’autre, on revient sur le rôle exact des sciences dans l’approche des questions de société en montrant que lorsqu’il s’agit d’éclairer ces questions les approches offertes par les sciences de la société se heurtent à des ambitions politiques, voire sont délaissées au profit d’approches inspirées du sens commun. L’objectif de l’UE est de situer la science comme une pratique sociale. A ce titre, elle est susceptible de subir les ambitions de ceux qui souhaitent y faire vivre les rapports de domination caractéristiques de la société aussi bien que les ambitions de ceux qui souhaitent les changer.
Évaluation : analyse et commentaire d’un article publié dans une revue à comité de lecture.
Semestre 2 : 24h
Responsable : Audrey Gosset
Pré-requis : aucun
Public visé : étudiant·es de toutes disciplines et de tout niveau. Bien que le sujet s’apparente à un sujet de sciences humaines et sociales, les étudiant·es issu·es de toutes les disciplines sont les bienvenu·es.
Descriptif
Qu’est-ce que le genre et comment structure-t-il nos sociétés contemporaines ? Depuis une quarantaine d’années, les études de genre se sont imposées comme un champ disciplinaire incontournable. Le genre devient alors un prisme d’analyse pour interroger les rapports de pouvoir, les inégalités et les structures sociales qui organisent nos sociétés. Ce cours propose une approche transversale du genre pour repenser les relations entre les individus, ainsi que les systèmes sociaux, politiques et économiques dans lesquels nous évoluons.
Nous examinerons les grandes mobilisations féministes et queer qui ont profondément façonné nos sociétés et nous nous pencherons sur leurs retentissements politiques, sociaux et théoriques. Des figures intellectuelles et militantes incontournables nous accompagneront tout au long de ce parcours pour éclairer les luttes passées et actuelles en faveur d’une société plus inclusive.
Au-delà d'une approche socio-historique, ce cours s'intéressera aux concepts théoriques qui sont devenus clés dans les études de genre. Nous explorerons des courants tels que le féminisme antiraciste et décolonial, l’écoféminisme, l’handiféminisme ou encore le féminisme anticarcéral, etc.
L’enjeu de cette UE est de permettre aux étudiant·es de réfléchir aux structures de pouvoir qui organisent nos sociétés et de leur donner les clés pour interroger et réimaginer nos manières de faire société. Les étudiant·es seront également invité·es à réfléchir à la manière dont ces théories et pratiques influencent leur façon de comprendre et produire la recherche.
Enfin, nous terminerons cette UE par un atelier d'écriture, dont la restitution pourra être organisée à la Scène de recherche (uniquement en présence des étudiant·es ayant participé à l’UE). Cet atelier sera l'occasion pour chacun·e de s'approprier les concepts abordés en classe pour les transformer en texte créatif.
Évaluation : une présentation de 20 minutes est demandée. Il pourra être demandé d’écouter des podcasts, visionner des films, voir un des spectacles de la Scène de recherche en lien avec les thématiques du cours en fonction de la date.
